North Shore en VTT: Guide de Pilotage

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[Pilotage VTT] Rouler un North Shore

Skinnies, passerelles, drops : la précision et l’aérien sont de mise.

Le ride sur North Shore, qui tire son nom du North Shore de Vancouver, a gagné en popularité dans les années 2000 grâce aux vidéos de style Kranked. Ces passerelles de bois, qui étaient autrefois l’apanage des pionniers canadiens du freeride, sont aujourd’hui incontournables sur les pistes rouges et noires des parcs à vélo en France. Sans constituer une technique à part entière, il existe néanmoins des conseils utiles pour aborder avec sérénité le ride sur North Shore.

DESCRIPTION

La passerelle à dropper est un élément récurrent des modules en bois. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter nos articles consacrés aux sauts. Le principe est le même sur une passerelle, sauf qu’il y a souvent un espace entre le bas de la fin du kick et le début de la réception. Il faut donc bien évaluer la distance minimale de vol nécessaire et donc la vitesse d’approche, d’autant plus qu’il n’est pas rare que le début de la passerelle soit en montée (pour ralentir un peu la vitesse) et qu’elle s’aplanisse ensuite sur un ou deux mètres vers la fin et jusqu’à la sortie. Il faut donc en tenir compte pour gérer au mieux la vitesse de sortie. N’oubliez pas la petite astuce du jet de pierre mentionnée dans la section Sauts.

Le skinny est l’autre module le plus courant, généralement composé de planches de bois étroites et plus ou moins longues, et la plupart du temps en ligne droite. Leur hauteur peut varier, mais peu de stations se risquent à proposer des skinnies de 10 mètres perchés à trois mètres de haut… On comprend pourquoi! Anticiper est le maître mot lorsqu’on roule sur ce type de module, afin d’éviter les changements de trajectoires ou de freiner brusquement sur le skinny lui-même. C’est un peu comme quand on se retrouve dans un pierrier glissant, on laisse le vélo filer sans trop le contrarier pour ne pas glisser en bloquant une roue. Ici, l’état d’esprit est le même, sauf qu’on n’a pas le luxe de pouvoir se permettre des écarts de trajectoires de 15 centimètres!

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Dans cet exemple, le pilote roule à une bonne vitesse, ce qui explique sa position légèrement en arrière, mais pas trop pour conserver une certaine réactivité en cas de besoin. Il porte son regard loin devant lui, ce qui lui permet de maintenir une trajectoire assez rectiligne sur la passerelle étroite sur laquelle il roule. Ses bras et ses jambes sont semi-fléchis, ce qui est l’attitude idéale pour rester en contrôle en cas de réajustement nécessaire.

Il appartient donc au pilote d’apprendre à gérer ses déséquilibres en bougeant autour du vélo si nécessaire. Avec des genoux et des coudes très souples et bien écartés, on conserve une certaine hauteur du bassin pour ne pas se verrouiller et se comprimer sur le vélo. Et on s’engage bien positionné au centre du vélo, c’est ainsi qu’on pourra être le plus réactif pour effectuer de petits ajustements via les épaules (de droite à gauche du guidon) et les bras/jambes (qui peuvent incliner le vélo d’un côté ou de l’autre), l’essentiel étant de garder le cap. Quoi qu’il en soit, il faut maintenir une vitesse constante et regarder loin devant soi. Sans vitesse, vous manquerez de fluidité et commencerez à zigzaguer de gauche à droite comme lorsque vous sortez d’une boîte de nuit à cinq heures du matin. Attention, on parle de vitesse constante, pas de grande vitesse. Allez-y doucement, mais en conservant le même rythme de pédalage pour ne pas vous déséquilibrer, par exemple. Même chose si vous regardez votre pneu avant : vous n’aurez aucune anticipation sur la ligne à suivre et commencerez à zigzaguer. Faites également attention aux conditions d’adhérence du moment, qui peuvent jouer les trouble-fête. Si vous ne l’aviez pas encore compris, le bois mouillé est extrêmement glissant! Encore une raison de plus d’anticiper son placement avant le module, pour laisser le vélo rouler au maximum une fois dessus.

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ENTRAINEMENT

La pratique! Commencez par les modules les moins longs ou les moins intimidants, ceux qui ne vous font pas peur en tous cas. L’objectif est de se sentir de plus en plus à l’aise : même si vous réussissez à terminer le module du premier coup, l’objectif reste de le faire de manière détendue, capable de corriger votre trajectoire si nécessaire sur un skinny, ou de poser un petit saut sur un drop. Une fois que vous êtes à l’aise, c’est le moment de vous lancer des défis et d’essayer des skinny ou des passerelles de plus en plus hauts. 

ERREURS À ÉVITER

Miser uniquement sur la vitesse. Que ce soit pour un drop ou un skinny, c’est votre technique qui vous permettra de réussir le module, et non seulement la vitesse. Arriver trop vite peut vous faire vous crisper sur le vélo et si les choses tournent mal, vous n’aurez pas de marge de manoeuvre pour corriger la situation.
Si ça ne se passe pas bien, ne restez pas accroché au vélo, vous risquez de tomber avec lui et de vous blesser davantage. Au contraire, éjectez-vous sur le côté et laissez le vélo continuer sa course, mieux vaut un dérailleur cassé qu’une clavicule, n’est-ce pas?

ÉQUIPEMENT

Les vélos de downhill sont plus stables et vous donneront plus de confiance car ils compenseront plus facilement les éventuels petits chocs en entrée de module par exemple. De même pour les drops depuis les passerelles, ici on remercie le débattement! Mais attention à ne pas vous laisser trop porter par votre gros vélo de downhill, au risque de devenir un peu trop passif pour gérer les déséquilibres si besoin. 

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Mathieu Prégault

Auteur

Mathieu Prégault est le cœur et l'âme de notre blog dédié au vélo, lebiciclette.eu. Sa passion pour le cyclisme ne connaît pas de limites, allant des paisibles balades à vélo le long de la campagne jusqu'aux ascensions éreintantes des cols de montagne les plus célèbres. Mathieu a transformé sa passion en profession, devenant auteur à plein temps pour notre blog, où il partage non seulement des conseils techniques et des guides pratiques, mais aussi des récits inspirants de ses aventures à deux roues. Avec une plume aussi agile que lui sur un vélo, Mathieu s'efforce de captiver nos lecteurs, leur offrant une vue d'ensemble sur le monde du cyclisme, des dernières innovations technologiques aux histoires de la communauté cycliste mondiale.

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